Simplifier l’orthographe ?
Cet extrait d’article évoque le problème de l’accord des participes passés en français. Selon deux enseignants belges, ses règles seraient inutilement compliquées et il serait préférable de les réformer. Cet aspect de la langue, simple exemple d’un problème plus général, relance le débat sur l’éventualité d’une réforme globale de l’orthographe.
Exemple de problématique possible : faut-il simplifier l’orthographe ?
Un exposé oral pourrait suivre un plan dialectique simple en 2 parties exposant des arguments pour ou contre la simplification de l’orthographe. Toutefois, il est tout à fait possible d’ajouter une troisième partie suggérant des solutions personnelles à ce problème.
Voici des exemples d’arguments qui vous aideront à préparer votre monologue ou un débat sur ce sujet.
Arguments pour la simplification de l’orthographe
Le français moins attractif : trop de subtilités peuvent décourager les étrangers d’apprendre la langue française et les détourner vers l’anglais réputé plus simple.
Des règles souvent artificielles : l’accord du participe passé présente tellement d’exceptions que même le célèbre Bescherelle reconnaît que c’est la règle « la plus artificielle de la langue française ». Cela complique énormément le travail des enseignants.
Réduire l’écart entre l’oral et l’écrit : cela permettrait de faciliter l’apprentissage de l’écriture. Pourquoi un même son, [f] par exemple, devrait s’écrire de plusieurs manières, comme affable, fenêtre, phare…
Mieux redistribuer le temps d’apprentissage : les heures perdues à mémoriser des règles compliquées pourraient être employées à des compétences plus utiles, comme l’expression, la créativité, etc.
Confusion fréquente entre norme et pensée : L’orthographe est une norme qui permet une écriture commune. Aucune relation directe, dans la plupart des cas, avec la logique ou la capacité d’expression : que l’on écrive nénuphar ou nénufar, qu’est-ce que cela change dans le sens du message ?
Tolérances déjà existantes : certaines erreurs grammaticales et orthographiques, dont celles qui concernent l’accord du participe passé, sont déjà tolérées depuis un arrêté officiel de 1976.
Arguments contre la simplification de l’orthographe
Une injustice ! Une simplification de l’orthographe serait injuste pour celles et ceux qui ont dépensé tant d’énergie pour apprendre ces règles à l’école !
Artificielle l’orthographe ? Les règles de grammaire et d’orthographe ne sont pas arbitraires : elles ont toutes une histoire, une logique qu’il faut s’efforcer de comprendre. L’orthographe du mot orchestre, par exemple, s’explique par son étymologie grecque.
Une difficulté relative : ces règles ne sont pas aussi difficiles qu’on le dit. Par exemple, pour l’accord du participe passé avec avoir, il suffit d’identifier la place du complément d’objet direct par rapport au verbe.
Aider les élèves en difficulté : supprimer les règles trop complexes n’est pas une solution. Il faut adapter les méthodes pour en faciliter l’apprentissage, mais surtout pas baisser le niveau.
La langue comme expression de la pensée : simplifier la langue, c’est appauvrir la pensée, voire compliquer son expression. Les règles d’accord du participe passé permettent de distinguer le sujet du COD.
Une forme de sélection : la maîtrise de la langue est un signe d’appartenance à l’élite. En France, peu de gens oseront exprimer cet argument de manière aussi directe, mais c’est un fait : ce sont les complexes sociaux liés aux fautes d’orthographe qui expliquent le succès de services comme le Projet Voltaire.
Une évolution naturelle : une langue évolue d’elle-même et il est inutile d’essayer de la réformer. Les tentatives, comme celle de 1990, finissent toujours par échouer.